On a assisté à un début de dislocation des marchés monétaires au cours de la semaine passée : les banques, craignant une crise de liquidité liée à leur exposition au subprime, se sont retirées du marché monétaire. Pour pallier à ce manque, les banques centrales ont massivement apporté de la liquidité, à travers divers instruments. Face à cette situation, une plus grande transparence de l’industrie financière apparaît nécessaire. Entre autre en l’apportant davantage sur l’industrie des hedge-funds (fonds fermés). Ils investissent dans des instruments financiers très complexes, très rémunérateurs mais très risqués. Ils sont très peu régulés : leurs stratégies très sophistiquées d’arbitrage et la couverture de leurs risques demeurent donc très opaques. Très performants, ils sont également très vulnérables en cas de brusque retournement des marchés comme en témoigne la quasi faillite de quelques uns d’entre eux depuis juillet dernier.
La régulation des hedge funds est un sujet délicat. Angela Merkel avait souhaité mettre la question à l’ordre du jour de la réunion du G8 à Heiligendamm mais s’est heurtée à aux réticences des Etats-Unis et du Royaume-Uni dont sont originaires la plupart de ces fonds. Ces fonds spéculatifs sont souvent domiciliés dans des centres financiers « off-shore » ; d’autre part, ils jouent un rôle clé dans l’efficience des marchés et la fourniture d’instruments de couverture (hedging) en assumant le risque que les autres opérateurs ne souhaitent pas prendre. Il est donc difficile d’en réglementer directement l’activité. De plus, il est envisageable de réglementer le recours des investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs) à ces gestionnaires risqués et d’inciter les banques à surveiller étroitement et mesurer précisément leur exposition directe ou indirecte à l’industrie des hedge funds : toutes les banques ne sont pas capables de le faire en l’état actuel des cadres de suivi des engagements bancaires. Cette crise montre en effet que bien d’autres acteurs (banques elles-mêmes, OPCVM…) jouent aussi un rôle important dans la liquidité des marchés et ont parfois investi de façon risquée.
Aujourd’hui, il convient que les autorités nationales veillent à ce que les institutions financières ne pénalisent pas les acteurs économiques qui ne prennent pas de risques excessifs, en redressant trop brutalement et de manière indifférenciée leur politique de crédit.